Une année chez un producteur de miel artisanal, à Belz
Un pot de 500 g, c'est quelques secondes à ouvrir. Derrière, il y a une année de visites, d'attente et de météo bretonne. Voici à quoi ressemble le calendrier d'un producteur de miel artisanal sur la presqu'île de Ninezur. Rien d'héroïque : du soin, de la patience et beaucoup de regard.
Février et mars : réveiller sans déranger
Les colonies sortent de l'hiver. On soupèse les ruches pour vérifier les réserves, on nettoie les planchers, on remplace les cadres abîmés. Les premières fleurs de la ria, saules et ajoncs, apportent le pollen qui relance la ponte. On n'ouvre les ruches que les jours doux, le moins longtemps possible.
Avril et mai : la montée en puissance
C'est la période des visites de printemps, cadre par cadre. On vérifie que la reine pond bien, que le couvain est sain, qu'il y a de la place. Les colonies peuvent doubler de population en quelques semaines. On pose les hausses, ces étages supplémentaires où les abeilles stockeront le miel qu'on récoltera. On surveille l'essaimage, cette envie des colonies fortes de se diviser.
Juin et juillet : la grande miellée
Le châtaignier fleurit, puis la ronce. Ce sont les deux piliers de notre miel de fleurs. Par beau temps, une colonie peut rentrer plusieurs kilos de nectar par jour. L'apiculteur, lui, n'a presque rien à faire : ne pas déranger, ajouter une hausse si besoin, et espérer que la pluie attende.
Août : la bruyère et la décision
La bruyère de la lande prend le relais, avec un nectar plus sombre et plus parfumé. Fin août, on décide : on récolte. Une seule fois par an, quand les trois floraisons ont donné. On ne prend que les cadres operculés, ceux dont le miel a atteint sa maturité, et on laisse aux abeilles de quoi passer l'hiver.
Septembre : extraction et mise en pot
Les cadres sont désoperculés au couteau, puis centrifugés dans un extracteur, à température ambiante. Le miel décante quelques jours pour que les bulles et les restes de cire remontent. Un filtrage grossier, et c'est tout : pas de chauffage, pas de filtration fine. La mise en pot se fait à la main, pot par pot, avec le numéro de lot de l'année. C'est ce miel que vous trouvez sur le site jusqu'à épuisement.
Octobre à janvier : préparer l'hiver
On traite contre le varroa, l'acarien qui affaiblit les colonies partout en Europe, avec des méthodes douces et au bon moment. On resserre les ruches, on protège des vents de la ria, on vérifie les réserves. Puis on laisse les abeilles tranquilles. L'hiver, le travail du producteur se fait à l'atelier : cadres, cire, étiquettes, et la vente des pots de l'année.
Ce qu'on ne fait pas
- Nourrir au sirop pendant la miellée pour gonfler la récolte.
- Récolter du miel non mûr et le sécher artificiellement.
- Acheter du miel ailleurs pour compléter une mauvaise année.
Une mauvaise année donne moins de pots. C'est la règle du jeu quand on est producteur et pas négociant. En échange, chaque pot raconte vraiment l'année qu'ont vécue les abeilles de Belz.
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